Shangh Caille

Le Bund de Shanghai sous la pluieSome rights reserved by Stuck in Customs

Les jeux de mots pourris sont un peu ma marque de fabrique et les fautes d’orthographe ma signature, aussi je tiens par avance à m’excuser auprès des gens que les fautes d’accord irritent et auprès de ceux qui jugeront mes calembours douteux.

 

Me voilà maintenant installé dans ma petite maison de la concession Française et le moins qu’on puisse dire c’est que malgré un climat tropicale humide, il fait quand même super froid à Shanghai.

C’est donc des gants aux mains et une polaire sur le dos que je vous écris ces quelques lignes.

Un peu plus d’une semaine s’est écoulée depuis mon arrivée et je n’ai toujours pas trouvé le temps de vous écrire. J’ai bien pu faire une ou deux sessions Skype avec certains d’entre vous mais la recherche d’appart, mon nouveau taf chez un marchand de meubles design pas cher et les visites de la ville ont été bien prenantes.

Je vais tacher de rattraper bien vite ce retard en vous racontant les quelques jours passés.

Jour du départ.

Dernière vérification dans ma chambre :

  • Valise :  bouclé et parée, je suis censé ne pas dépasser les 20kg mais je lui en donnerai bien 10 de plus.
  • Passeport (et son précieux Visa obtenu en un mois de marathon administratifs) : check !
  • Adresse de mon hôtel et de ma boite à Shanghai : imprimés
  • Clefs de l’appart : à poste sur le porte-clefs de la colloc.
  • Bises au colloc : arrivé à l’appart depuis une bonne demi-heure, il dort du sommeils des justes… pas sûr qu’il se rende compte de mon départ, il est tout de même tôt pour un peu tôt pour un  dimanche matin…

Clac ! la porte se referme et je sais que je ne la rouvrirait pas avant un bout de temps… non sans émotion car j’ai vraiment passé deux heureuses années dans cette couzloc (abréviation de coloc entre cousins)

J’arrive largement en avance à Charles de Gaulles, les touristes chinois se font harcelés par des tziganes tenant à leur faire signer des pétitions bidons… Fraichement débarqués en France ces derniers semblent avoir du mal à réaliser qu’il ne s’agit pas de douaniers français en robe à fleurs…

Je me demande dans combien de panneaux aussi grossiers je ne manquerais pas de tomber à mon arrivée.  Je suis tellement en avance que l’enregistrement des bagages n’est pas encore possible.

Le soleil brille, j’ai le ventre serré, des conditions idéales pour des pauses clopes à répétition. Un clochard fait le tour des fumeurs. Malgré un premier don il repassera me voir 5 fois pour me raconter son histoire : « une petite pièce pour acheter du Mémorax ! ».

Le temps passe et allez savoir pourquoi je manque l’annonce de mon avion et parviens à passer les contrôles douaniers de justesse.

Sur mon ticket est indiquée la place 48G… G, impossible de me savoir combien de rangées peut compter mon avion… 7 serais top, j’adore voyager à côté des hublots… surtout au décollage. Bon pas de chance il y a en tout 10 rangées. Je me retrouve donc au milieu de l’allée centrale entre deux chinois n’alignant pas plus de 3 mots d’anglais.

Qu’importe, je dois dormir coute que coute.  Je vais arriver un lundi matin et enchainer direct sur le boulot. J’alterne donc entre les phases de visionnage de film et un demi-sommeil inconfortable.

Arrivée avec près de 2h de retard je passe la douane avec un grand sourire et un petit « Saï Xien », preuve que le moyen mémo technique a survécu à mes 5 années d’éloignement de l’Asie : « sale chienne ! ».

Une bonne bouffée de nicotine plus tard me voilà dans un taxi. Malgré l’écriture chinoise de l’adresse de mon hôtel ce dernier parait perplexe :

–           Wuzhonglu ? Wuzhonglu ?

–          Euh… Sheu !

Il tique… je repère machinalement l’absence de GPS et me dit que ce n’est pas gagné. Le district de ma boite est à l’autre bout de Shanghai… j’aurais bien pris le Shinkanzen mais avec une valise de 30kg et une connaissance plus qu’approximative de la location de mon hôtel… Je le sens moyen.  J’avais pris soin de noter le numéro du bureau au cas où… Au bout d’un moment voilà mon taxi qui stoppe sur le parking d’un hôtel… il veut relire l’adresse et note au passage la présence du numéro de téléphone.  Il saisit son portable compose le numéro et s’engage pour traverser une 2 fois 3 voies dans le sens de la largeur. Inutile de signaler que la magnifique Volkswagen Santana 2000 de mon hôte ne dispose pas des attaches de ceintures de sécurité.

Personne ne répond…  tant pis, je lis au passage que la 6 voies traversée est Wuzhong Road… On ne doit pas être très loin. Shanghai m’offre ce matin-là un paysage fort brumeux mais je peux tout de même apercevoir au passage quelques gratte-ciel dont les cimes semblent se perdre dans les nuages de pollution.

J’arrive un peu décalqué à l’hôtel. Ma réservation n’apparait pas sur l’écran et les concierge de l’hôtel ne parle pas un mot d’anglais. A 22€ la nuit je ne m’attendais pas au luxe mais les chambre paraissent clinquante jusqu’à ce que comme souvent on s’attarde sur les détails qui trahissent les finitions à la chinoise. La douche dispose d’un pommeau gigantesque mais le faible filet d’eau qui s’en écoule rend le tout un peu grotesque. L’odeur qui émane de la douche est un mélange entre les senteurs fétide d’un marécage et les émanations écœurantes du Chlore. Qu’importe j’ai les yeux rougi par le voyage et je sens qu’une douche, même puante, ne sera pas de trop pour me réveiller.

L’entreprise n’est qu’à cent mètre de l’hôtel et je prends donc un espèce de monte-charge sous le numéro de l’immeuble. En fait il s’agit de l’arrière du bâtiment mais en montant dans ce bloc de bois brute je m’attendais  un peu à débarquer dans un entrepôt de meuble.

Les rencontres avec les collègues s’enchainent et je dois dire que je suis rapidement impressionné par le nombre de  compétences et de back ground que la boite à su faire venir d’Europe. Il y a des pointures de chez meetic, ventes privées et même un googler…

Mon premier déjeuner est un chouïa décevant, mes collègues sont pressés et décident de partir dans un Cityshop, sorte de super marché pour les Western. On y trouve de l’époisses et des buffets de Salade en libre-service !!! Moi qui venais entre autre pour un dépaysement culinaire. La réunion qui suivit le déjeuner fit l’objet d’une lutte acharnée contre le sommeil. Non pas qu’elle fut soporifique mais un grand retour de manivelle de la digestion mêlée au jet lag eurent presque raison de mes paupières.

Vers 19h je fus invité à diner par mon Boss en compagnie d’autres membres de l’équipe. Parmi ceux-là, un Italien,  ayant pas mal roulé sa bosse en Chine, avait la lourde tâche de nous trouver un bon resto. C’est donc avec  une certaine excitation que je m’attendais à découvrir de la grande Gastronomie Chinoise. Et c’est finalement à la « Manne Et Santé » (227 Shimenerlu road) qu’il décida de nous emmener. Une boulangerie/restaurant française tenue par un chef japonais et son associé chinois. Au menu, pâté de foie, confit de canard, gâteau au chocolat et beaucoup de bordeaux. Un restaurant excellent  et très calme, mais bon une fois de plus j’eu la triste impression que j’étais condamné à manger moins de cuisine chinoise que je n’en avais pris l’habitude rue du sentier…

Autant dire qu’après 11h d’avion et pas loin d’une bouteille de bordeaux j’étais fin prêt à affronter le matelas dur comme du bois de ma chambre et ses 5 degré Celsius… Oui on finira par le savoir… je me les pèle à Shanghaï…