Envie d’un steack tartare

Steack Tartare
steak tartare par digitaldefection

Avec des horaires de travail assez prenants et des weekend à droite à gauche (Promis je vous met bientôt un descriptif de ma visite à Hangzhou) j’inaugure la nouvelle catégorie humeur.
Une collègue graphiste me parlait cette après midi de manger un steack tartare.
Depuis je ne pense plus qu’à ça… Ceux qui me connaissent savent combien j’aime ce plat… et là après 3 semaines et quelques de toffu et de pates de poulet.. ben j’ai envie de steack tartare… mais d’une force.
Allez c’est décidé je dois trouvé un bon steack tartare à Shanghai.

 

Rencontre kurde à shanghaï

Ce soir pour la deuxième fois j’ai partagé mon repas avec Kilic (dont je ne m’explique toujours pas pourquoi lorsqu’il me prononce son prénom j’entend czeno).

Kilic est un jeune kurde originaire de turquie, il a 21 ans et j’ l’ai rencontré une première fois ce week-end. Alors que je m’apprêtais à tester un restaurant turque de mon quartier je l’avais remarqué attablé seul à une table. Il n’était clairement pas européen mais semblait comme moi un peu isolé dans ce restaurant surchaufé d’Huchuan Road.

Comme la serveuse avait décidé de m’installer à une table à proximité je me décida à entamer la conversation :

– was your meal any good (il semblait aspirer sa digestion à grosse bouffée de mild seven)

– Sorry what did you say?

– was the food any good?

– Sorry my english is not really good.

– Is it good food here?

Il se leva de son siège et s’approcha de moi.

– Sorry I can’t hear you, do you mind if I seat here. Me dit il en prenant place en face de moi.

– Of course take a chair, I’ll be happy to share a meal with you.

Et voilà je crois ce que fut le début d’une amitié, deux étrangers loin du pays luttant contre leur timidité bien naturelle pour échapper à la solitude.

Après un repas plus que copieux nous échangère discussions et cigarettes. Kilic n’a que 21 ans mais il est clairement plus mature qu’un jeune français ne le serais à son age. Il est en Chine pour affaire, sa spécialité les « cutting tools »… Pour l’industrie? la charcuterie? en fait cela m’est bien égale, nos dicussion tourne bien plus autour de nos pays et de nos culture. Après échange de numéro nous convenons ensemble d’un rendez vous pour boire du raki au même endroit le lendemain.

Vers 19h ce soir, mon téléphone se met à vibrer :

– What are you doing?

– I’m working, I’ll should be able to join you at 21h for a glass of Raki

– All Right see you at the restaurant.

Le temps de boucler mes mails, mon ordi et me voilà parti en Taxi.

Kilic est là dans le restaurant, nous n’avons passé qu’une soirée mais la chaleur des retrouvailles n’est pas une chimère. Nous sommes heureux de retrouver l’un l’autre un visage presque familier et profondement amicale.

Comme pour le deuxième soir de suite nous nous retrouvons dans ce restaurant turques nous commandons une assiette de grillade, une salade et surtout une bouteille de Raki. Un alcool délicieusement anisé que l’on accomupagne d’une gorgée d’eau après chaque goulée. Contrairement à un Pastis, le raki accompagne parfaitement les grillades.

Kilic vient d’avoir sa femme au téléphone, elle lui a annoncé une grande nouvelle : Il va être père pour la première fois. C’est avec émotion que nous trinqons à la santé de son première enfant à venir. Si c’est un fils il portera le même nom que son père : Kadir. Un homme plein de sagesse et de richesse qui fera sans doute de somptueux cadeaux à un petit fils portant le même nom que lui. Les grillades sont délicieuses et le raki descend tout doucement mais surement. Nous parlons un peu plus de lui, Kilic est Kurdes, le choix de venir en Chine n’est pas innocent… Il voudrait y établir un business d’import export dans la ville de quingbao qui compte une importante communauté kurde.

Cela lui permettrait d’échapper au service militaire en Turquie.

Jamais il ne pourra servir cette armée qui à tuer son grand frère. A l’évocation de ce dernier ses yeux se rougissent. La première bouteille de Riaki se termine et nous en venons à parler du peuple kurde, des combattant du PKK dont faisait parti son frère disparu, de mon parrain récemment disparu. Nous sommes visiblement très ému l’un l’autre. Est ce le raki, la distance de nos proche, la connivence naturelle que nous avons établi ou bien tout cela à la fois… je ne le sais pas mais je décide de changez de sujet. Et s’il s’agit d’une fille? As tu réfléchis à un nom? Ce sera Jérémya… Je suis touché par son attention et lui déconseille toutefois ce prénom qui me semble un chouia trop masculin malgré l’ajout du A à la fin.

Son téléphone sonne. Les affaires reprennent. C’est encore l’après midi. Bien que ne comprenant pas un mot de turque je peux voir à son sourire qu’il s’agit d’une bonne nouvelle.Effectivement il s’agissait d’un de ses oncle, qui lui demandais de monter une entreprise à Quingbao avec à l’appui, contact dans la communauté turque et financement.

Kilic exulte, c’est une journée faste pour lui et je suis heureux de lever ce Nième verre à sa future réussite.

C’est un chouïa bourré et tout à fait joyeux que nous quittons ce restaurant. Kilic est généreux et a tenu à payer l’addition. Force est de constaté son immense générosité lorsqu’à la superette du coin il me bloque le bras pour payer les bouteilles d’eaux qui nous permettront de descendre gentiment du nuage sur lequel le raki et ces bonnes nouvelles nous ont catapultés.

Le voilà parti dans son taxi bouteille d’eau à la main. Décidement, mon manque de réseau qui me parraissait si handicapant en arrivant à Shanghai prend soudain une dimension toute positive. Aurais-je rencontrer une personne si sympatique si jamais j’avais décidé de prendre un appart en colloc avec des français? Aucune idée, en tout cas Shanghaï est une ville de passage, et parmi tout ces personnages que la solitude me « force » à rencontrer, j’espère avoir souvent l’occasion de rencontrer des amis aussi sympatique que Kilic. Sur le chemin du retour je croise un steack house Brésilien… tiens et si je forçais un peu mon destin demain soir…

Shangh Caille

Le Bund de Shanghai sous la pluieSome rights reserved by Stuck in Customs

Les jeux de mots pourris sont un peu ma marque de fabrique et les fautes d’orthographe ma signature, aussi je tiens par avance à m’excuser auprès des gens que les fautes d’accord irritent et auprès de ceux qui jugeront mes calembours douteux.

 

Me voilà maintenant installé dans ma petite maison de la concession Française et le moins qu’on puisse dire c’est que malgré un climat tropicale humide, il fait quand même super froid à Shanghai.

C’est donc des gants aux mains et une polaire sur le dos que je vous écris ces quelques lignes.

Un peu plus d’une semaine s’est écoulée depuis mon arrivée et je n’ai toujours pas trouvé le temps de vous écrire. J’ai bien pu faire une ou deux sessions Skype avec certains d’entre vous mais la recherche d’appart, mon nouveau taf chez un marchand de meubles design pas cher et les visites de la ville ont été bien prenantes.

Je vais tacher de rattraper bien vite ce retard en vous racontant les quelques jours passés.

Jour du départ.

Dernière vérification dans ma chambre :

  • Valise :  bouclé et parée, je suis censé ne pas dépasser les 20kg mais je lui en donnerai bien 10 de plus.
  • Passeport (et son précieux Visa obtenu en un mois de marathon administratifs) : check !
  • Adresse de mon hôtel et de ma boite à Shanghai : imprimés
  • Clefs de l’appart : à poste sur le porte-clefs de la colloc.
  • Bises au colloc : arrivé à l’appart depuis une bonne demi-heure, il dort du sommeils des justes… pas sûr qu’il se rende compte de mon départ, il est tout de même tôt pour un peu tôt pour un  dimanche matin…

Clac ! la porte se referme et je sais que je ne la rouvrirait pas avant un bout de temps… non sans émotion car j’ai vraiment passé deux heureuses années dans cette couzloc (abréviation de coloc entre cousins)

J’arrive largement en avance à Charles de Gaulles, les touristes chinois se font harcelés par des tziganes tenant à leur faire signer des pétitions bidons… Fraichement débarqués en France ces derniers semblent avoir du mal à réaliser qu’il ne s’agit pas de douaniers français en robe à fleurs…

Je me demande dans combien de panneaux aussi grossiers je ne manquerais pas de tomber à mon arrivée.  Je suis tellement en avance que l’enregistrement des bagages n’est pas encore possible.

Le soleil brille, j’ai le ventre serré, des conditions idéales pour des pauses clopes à répétition. Un clochard fait le tour des fumeurs. Malgré un premier don il repassera me voir 5 fois pour me raconter son histoire : « une petite pièce pour acheter du Mémorax ! ».

Le temps passe et allez savoir pourquoi je manque l’annonce de mon avion et parviens à passer les contrôles douaniers de justesse.

Sur mon ticket est indiquée la place 48G… G, impossible de me savoir combien de rangées peut compter mon avion… 7 serais top, j’adore voyager à côté des hublots… surtout au décollage. Bon pas de chance il y a en tout 10 rangées. Je me retrouve donc au milieu de l’allée centrale entre deux chinois n’alignant pas plus de 3 mots d’anglais.

Qu’importe, je dois dormir coute que coute.  Je vais arriver un lundi matin et enchainer direct sur le boulot. J’alterne donc entre les phases de visionnage de film et un demi-sommeil inconfortable.

Arrivée avec près de 2h de retard je passe la douane avec un grand sourire et un petit « Saï Xien », preuve que le moyen mémo technique a survécu à mes 5 années d’éloignement de l’Asie : « sale chienne ! ».

Une bonne bouffée de nicotine plus tard me voilà dans un taxi. Malgré l’écriture chinoise de l’adresse de mon hôtel ce dernier parait perplexe :

–           Wuzhonglu ? Wuzhonglu ?

–          Euh… Sheu !

Il tique… je repère machinalement l’absence de GPS et me dit que ce n’est pas gagné. Le district de ma boite est à l’autre bout de Shanghai… j’aurais bien pris le Shinkanzen mais avec une valise de 30kg et une connaissance plus qu’approximative de la location de mon hôtel… Je le sens moyen.  J’avais pris soin de noter le numéro du bureau au cas où… Au bout d’un moment voilà mon taxi qui stoppe sur le parking d’un hôtel… il veut relire l’adresse et note au passage la présence du numéro de téléphone.  Il saisit son portable compose le numéro et s’engage pour traverser une 2 fois 3 voies dans le sens de la largeur. Inutile de signaler que la magnifique Volkswagen Santana 2000 de mon hôte ne dispose pas des attaches de ceintures de sécurité.

Personne ne répond…  tant pis, je lis au passage que la 6 voies traversée est Wuzhong Road… On ne doit pas être très loin. Shanghai m’offre ce matin-là un paysage fort brumeux mais je peux tout de même apercevoir au passage quelques gratte-ciel dont les cimes semblent se perdre dans les nuages de pollution.

J’arrive un peu décalqué à l’hôtel. Ma réservation n’apparait pas sur l’écran et les concierge de l’hôtel ne parle pas un mot d’anglais. A 22€ la nuit je ne m’attendais pas au luxe mais les chambre paraissent clinquante jusqu’à ce que comme souvent on s’attarde sur les détails qui trahissent les finitions à la chinoise. La douche dispose d’un pommeau gigantesque mais le faible filet d’eau qui s’en écoule rend le tout un peu grotesque. L’odeur qui émane de la douche est un mélange entre les senteurs fétide d’un marécage et les émanations écœurantes du Chlore. Qu’importe j’ai les yeux rougi par le voyage et je sens qu’une douche, même puante, ne sera pas de trop pour me réveiller.

L’entreprise n’est qu’à cent mètre de l’hôtel et je prends donc un espèce de monte-charge sous le numéro de l’immeuble. En fait il s’agit de l’arrière du bâtiment mais en montant dans ce bloc de bois brute je m’attendais  un peu à débarquer dans un entrepôt de meuble.

Les rencontres avec les collègues s’enchainent et je dois dire que je suis rapidement impressionné par le nombre de  compétences et de back ground que la boite à su faire venir d’Europe. Il y a des pointures de chez meetic, ventes privées et même un googler…

Mon premier déjeuner est un chouïa décevant, mes collègues sont pressés et décident de partir dans un Cityshop, sorte de super marché pour les Western. On y trouve de l’époisses et des buffets de Salade en libre-service !!! Moi qui venais entre autre pour un dépaysement culinaire. La réunion qui suivit le déjeuner fit l’objet d’une lutte acharnée contre le sommeil. Non pas qu’elle fut soporifique mais un grand retour de manivelle de la digestion mêlée au jet lag eurent presque raison de mes paupières.

Vers 19h je fus invité à diner par mon Boss en compagnie d’autres membres de l’équipe. Parmi ceux-là, un Italien,  ayant pas mal roulé sa bosse en Chine, avait la lourde tâche de nous trouver un bon resto. C’est donc avec  une certaine excitation que je m’attendais à découvrir de la grande Gastronomie Chinoise. Et c’est finalement à la « Manne Et Santé » (227 Shimenerlu road) qu’il décida de nous emmener. Une boulangerie/restaurant française tenue par un chef japonais et son associé chinois. Au menu, pâté de foie, confit de canard, gâteau au chocolat et beaucoup de bordeaux. Un restaurant excellent  et très calme, mais bon une fois de plus j’eu la triste impression que j’étais condamné à manger moins de cuisine chinoise que je n’en avais pris l’habitude rue du sentier…

Autant dire qu’après 11h d’avion et pas loin d’une bouteille de bordeaux j’étais fin prêt à affronter le matelas dur comme du bois de ma chambre et ses 5 degré Celsius… Oui on finira par le savoir… je me les pèle à Shanghaï…