Rencontre kurde à shanghaï

Ce soir pour la deuxième fois j’ai partagé mon repas avec Kilic (dont je ne m’explique toujours pas pourquoi lorsqu’il me prononce son prénom j’entend czeno).

Kilic est un jeune kurde originaire de turquie, il a 21 ans et j’ l’ai rencontré une première fois ce week-end. Alors que je m’apprêtais à tester un restaurant turque de mon quartier je l’avais remarqué attablé seul à une table. Il n’était clairement pas européen mais semblait comme moi un peu isolé dans ce restaurant surchaufé d’Huchuan Road.

Comme la serveuse avait décidé de m’installer à une table à proximité je me décida à entamer la conversation :

– was your meal any good (il semblait aspirer sa digestion à grosse bouffée de mild seven)

– Sorry what did you say?

– was the food any good?

– Sorry my english is not really good.

– Is it good food here?

Il se leva de son siège et s’approcha de moi.

– Sorry I can’t hear you, do you mind if I seat here. Me dit il en prenant place en face de moi.

– Of course take a chair, I’ll be happy to share a meal with you.

Et voilà je crois ce que fut le début d’une amitié, deux étrangers loin du pays luttant contre leur timidité bien naturelle pour échapper à la solitude.

Après un repas plus que copieux nous échangère discussions et cigarettes. Kilic n’a que 21 ans mais il est clairement plus mature qu’un jeune français ne le serais à son age. Il est en Chine pour affaire, sa spécialité les « cutting tools »… Pour l’industrie? la charcuterie? en fait cela m’est bien égale, nos dicussion tourne bien plus autour de nos pays et de nos culture. Après échange de numéro nous convenons ensemble d’un rendez vous pour boire du raki au même endroit le lendemain.

Vers 19h ce soir, mon téléphone se met à vibrer :

– What are you doing?

– I’m working, I’ll should be able to join you at 21h for a glass of Raki

– All Right see you at the restaurant.

Le temps de boucler mes mails, mon ordi et me voilà parti en Taxi.

Kilic est là dans le restaurant, nous n’avons passé qu’une soirée mais la chaleur des retrouvailles n’est pas une chimère. Nous sommes heureux de retrouver l’un l’autre un visage presque familier et profondement amicale.

Comme pour le deuxième soir de suite nous nous retrouvons dans ce restaurant turques nous commandons une assiette de grillade, une salade et surtout une bouteille de Raki. Un alcool délicieusement anisé que l’on accomupagne d’une gorgée d’eau après chaque goulée. Contrairement à un Pastis, le raki accompagne parfaitement les grillades.

Kilic vient d’avoir sa femme au téléphone, elle lui a annoncé une grande nouvelle : Il va être père pour la première fois. C’est avec émotion que nous trinqons à la santé de son première enfant à venir. Si c’est un fils il portera le même nom que son père : Kadir. Un homme plein de sagesse et de richesse qui fera sans doute de somptueux cadeaux à un petit fils portant le même nom que lui. Les grillades sont délicieuses et le raki descend tout doucement mais surement. Nous parlons un peu plus de lui, Kilic est Kurdes, le choix de venir en Chine n’est pas innocent… Il voudrait y établir un business d’import export dans la ville de quingbao qui compte une importante communauté kurde.

Cela lui permettrait d’échapper au service militaire en Turquie.

Jamais il ne pourra servir cette armée qui à tuer son grand frère. A l’évocation de ce dernier ses yeux se rougissent. La première bouteille de Riaki se termine et nous en venons à parler du peuple kurde, des combattant du PKK dont faisait parti son frère disparu, de mon parrain récemment disparu. Nous sommes visiblement très ému l’un l’autre. Est ce le raki, la distance de nos proche, la connivence naturelle que nous avons établi ou bien tout cela à la fois… je ne le sais pas mais je décide de changez de sujet. Et s’il s’agit d’une fille? As tu réfléchis à un nom? Ce sera Jérémya… Je suis touché par son attention et lui déconseille toutefois ce prénom qui me semble un chouia trop masculin malgré l’ajout du A à la fin.

Son téléphone sonne. Les affaires reprennent. C’est encore l’après midi. Bien que ne comprenant pas un mot de turque je peux voir à son sourire qu’il s’agit d’une bonne nouvelle.Effectivement il s’agissait d’un de ses oncle, qui lui demandais de monter une entreprise à Quingbao avec à l’appui, contact dans la communauté turque et financement.

Kilic exulte, c’est une journée faste pour lui et je suis heureux de lever ce Nième verre à sa future réussite.

C’est un chouïa bourré et tout à fait joyeux que nous quittons ce restaurant. Kilic est généreux et a tenu à payer l’addition. Force est de constaté son immense générosité lorsqu’à la superette du coin il me bloque le bras pour payer les bouteilles d’eaux qui nous permettront de descendre gentiment du nuage sur lequel le raki et ces bonnes nouvelles nous ont catapultés.

Le voilà parti dans son taxi bouteille d’eau à la main. Décidement, mon manque de réseau qui me parraissait si handicapant en arrivant à Shanghai prend soudain une dimension toute positive. Aurais-je rencontrer une personne si sympatique si jamais j’avais décidé de prendre un appart en colloc avec des français? Aucune idée, en tout cas Shanghaï est une ville de passage, et parmi tout ces personnages que la solitude me « force » à rencontrer, j’espère avoir souvent l’occasion de rencontrer des amis aussi sympatique que Kilic. Sur le chemin du retour je croise un steack house Brésilien… tiens et si je forçais un peu mon destin demain soir…

Publié par

Jérémy Jouffroy

Né à dijon il y a de cela 31 ans je suis passionné de web et j'ai emmenagé à shanghai ou j'ai occupé le poste de chef de projet pour une entreprise française avant de rejoindre newx.com, une startup ecommerce qui vend des meubles et de la décoration sur le marché chinois.

  • Sophie

    Belle rencontre, je t’en souhaite de nombreuses autres, différentes mais toutes aussi enrichissantes. biz

  • Luciole

    Excellent ce petit récit d’une amitié naissante… et c’est que le début! Vivement la suite dans le steak house brésilien ;-))
    Gros bek

  • Théo

    Tu me manques… mais je suis content que tu ais rencontré Kilic!
    Bisous
    Ton petit neveu

  • Et les spécialités culinaires du coin dans tout ça ? :p

  • flobert

    Mais Jérémia, ce serait très jolie :-))))
    Bonne Continuation et au plaisir de te lire
    BIZ BIZ
    Flo and Co

  • @luce et soph : arf Il est parti monté sa boite à Qingbao, je n’aurais plus trop l’occasion de le revoir… Sinon le Brésilien (testé ce soir) était vraiment excellent. Viande cuite au BBQ et buffet de crudité… miam j’avais pas mangé trop de légume cru ces derniers temps.

    @théo : toi aussi tu me manques, mais je reviens en Juillet, ce n’est pas si loin.

    @Felyne : t’inquète pas, Dumplings, champignons chelou et oeuf dur cuit au thé sont mes dej quotidien.

    @flobert : Ah je sais pas je trouve que ça sonne bizarre.

  • sarah

    salut!!
    jolie rencontre à l’autre bout du monde!!
    je suis currieuse, parce que je suis également kurde; vous voulez dire qu’il y a toute une communauté de kurde qui vivent en chine?!
    je suis trés surprise qu’il y ait des kurdes qui vivent même en chine!!!